la Spedidam vole au secours d’Aurélie Filippetti

Avec l’arrivée du nouveau gouvernement, les cartes sont en train d'être redistribuées dans la filière musicale et les camps se forment. Vivement attaquée par les ayants droit après l’annonce de la suspension du CNM (Centre national de la Musique), la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, trouve avec la Spedidam (Société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes) un allié.

Madame Filippetti trahit sa propre parole

Il y a quelques jours, la SNEP (Syndicat national de l’Édition phonographique) accusait Aurélie Filippetti de trahison après l’annonce de l’abandon du CNM : « En sacrifiant le CNM, […] Madame Filippetti trahit sa propre parole, alors même qu’elle avait affirmé aux professionnels en juillet dernier vouloir soutenir cette initiative. La ministre trahit également l’engagement de campagne du président de la République. » Cette opinion a été partagée par les autres représentants d’artistes comme la Sacem, la CSDEM, le Prodiss, la SCPP, ou l’association TPLM.
En réplique, la Spedidam a, aujourd’hui 20 septembre, réagi par un communiqué titré : « Un mauvais procès fait au ministère de la Culture ». Dans ce document, l’association reconnaît qu’elle a signé la convention de préfiguration du CNM, mais signale qu’elle avait « pris bonne note de la difficulté majeure consistant dans la nécessité d'assurer un financement qui n'avait pas été élaboré par le précédent gouvernement. » Et pour dissiper tout malentendu, elle rappelle aussi que « cet élément avait été clairement exposé par la ministre de la Culture dès le mois de juillet 2012 devant toute la filière. »

« Une stratégie Internet désastreuse pour la filière »

Après avoir développé cette ligne de défense, la Spedidam adopte une stratégie d’attaque envers l’industrie phonographique. « Le secteur musical qui ne se réduit pas à l'intérêt des majors et dont la stratégie sur Internet a été désastreuse pour l'ensemble de la filière ». La Société des artistes-interprètes estime aussi que l’industrie musicale « ne peut aujourd'hui considérer que les sommes virtuellement prévues à son bénéfice lui sont dues […] d'autant plus que cette industrie a déjà été très largement soutenue au cours de ces dernières années. »
Inspiré du CNC (Centre national du cinéma), le CNM devait rassembler les principales structures de financement de la musique à savoir le Centre national des variétés et du jazz (le CNV), le Bureau export, francophonie diffusion, l’Observatoire de la Cité de la musique ou encore le Fonds pour la création musicale (le FCM). Son budget annuel, évalué à plus de 100 millions d’euros, devait provenir en partie d’une taxe prélevée sur les fournisseurs d’accès à Internet.

Articles les plus consultés

Pages